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Vendredi 11 juillet 2008 5 11 07 2008 10:10
Hier, j'étais à la "guinguette gitane", un repas de quartier, dans la Cité Gelly, une des zones de "regroupement" des gitans de Montpellier...













C'est pas "mon" quartier mais à partir de l'année prochaine mon gamin va aller à l'école la-bas... c'était donc histoire de s'intégrer!
C'était sympa, de grandes tables près d'une vieille chapelle réhabilitée en lieu de création culturelle, une famille gitane aux manettes de la cuisine et de la musique "les gispy catalans", des voyageurs de Grenade qui sortent les guitares, une discussion sympa avec Bouboule et Lili...
De quoi se souvenir que mon anthropologie vagabonde n'est pas terminée...

Alors voici quelques bribes d'une histoire manouche...

Repères

- 5 000 ans : originaires du Rajasthan (nord ouest de l’Inde) des Indo-Européens entrent en Inde du Nord et s'installent. Ils se métissent avec les autres peuples de l'Inde.

 

+ 800 ans : certains Indiens quittent l'Inde du Nord et se dirigent vers l'ouest. Ces Indiens émigrés s'appelleront entre eux Rroms.

Ils sont éleveurs nomades, travaillent les métaux, inventent des instrument de musique à cordes.

 

de l'an 1 000 à 1 250 : les Roma, en plusieurs groupes arrivent dans l'Empire Byzantin. Ils se déplacent à cheval avec femmes et enfants dans des chariots et ce sont des combattants. Le premier texte qui les mentionne d'une façon certaine en Europe est la description d'un pélerin : Syméon Siméonis en Crête en 1322.

 

En France

Ils sont signalés en France le 22 août 1419 près de Mâcon, à Châtillon-sur-Chalaronne.

Les premiers tsiganes, artistes et divertisseurs, étaient dotés d’une certaine aura de respectabilité (lettres de protection de monarques). Mais peu à peu ils sont dénoncés comme « mauvais garçons, trompeurs » et dès le 16e siècle, puis aux 17e des ordonnances royales  tentent de disloquer les groupes nomades et attestent de persécutions.

Au 18e avec la centralisation de l’état, ils sont pourchassés et conduits à quitter le territoire.

A partir du 19e ils sont désormais discriminés pour des raisons raciales, et beaucoup migrent vers l’Amérique du Nord et du Sud.


Tuer le nomade c'est tuer la part de rêve où toute la société va puiser son besoin de renouveau.

 

Entre 250 000 et 500 000 Tsiganes, sur les 700 000 qui vivaient en Europe, ont été exterminés pendant la seconde guerre mondiale par les nazis et leurs alliés. Ce génocide souvent oublié porte le nom de Samudaripen.

 

Les Tziganes font peur depuis longtemps. De1912 à 1969 , la III République impose un carnet anthropométrique, accompagné de 2 photos et des empreintes digitales, visé dans chaque commune, à l’arrivée comme au départ. iI s’agit de pousser à la sédentarisation ceux qu’on considère comme marginaux, instables, mal contrôlables « différents ».

 

En 1940, un décret interdit la circulation des nomades sur l’ensemble du territoire, les assignent à résidence, puis c’est l’internement de tous les Tsiganes.

Au total 27 camps d’internement accueilleront des tsiganes en France.

En France, ils ne furent pas déportés mais restèrent internés jusqu’en 1946.

 

Par contre en Allemagne ils furent déportés pour raisons ethniques et tués par familles entières.

 

 

Il n'y a pas un mais des peuples de voyageurs

Les Rroms reconnaissent des divisions entre eux avec des notions de territorialité, de différences de culture et de dialecte. On peut grossièrement considérer cinq confédérations principales :

 

   1. les Kalderash (forgerons qui vinrent des Balkans, puis en Europe centrale, puis aux États-Unis, et qui sont les plus nombreux),

   2. les Gitans (appelés aussi Calé, principalement dans la péninsule ibérique, l'Afrique du Nord, et le sud de la France; réputés dans les spectacles de divertissement),

   3. les Manouches (connus aussi comme Sinti, principalement en Alsace et d'autres régions de France et d'Allemagne; souvent donnant des spectacles ambulants et gens du cirque)

   4. les Romanichels (principalement en Grande-Bretagne et en Amérique du Nord).

   5. Les Domaris dans les pays Arabes notamment l'Egypte.

 

Leurs métiers

Les ancêtres indiens des Tziganes, les Gaduliya Lohars, étaient des forgerons itinérants. Ils le sont restés jusqu’à l’avènement de l’industrie.

 

Depuis 600 ans, qu’ils sont en Europe, leurs activités ont évolué en fonction de l’environnement dans lequel elles se déroulaient.

 

En Europe, les tziganes étaient souvent forgerons itinérants dans les campagnes… marchands de chevaux, menuisiers, rempailleurs, ferblantiers. Les femmes pratiquaient l’art divinatoire avec les lignes des mains.

 

Selon la tribu, la famille et le nom, on ne pratiquait pas le même métier.

 

Au début du XIXè siècle, les artisans sédentaires urbains voyaient d’un mauvais œil cette concurrence et ces activités déclinèrent peu à peu.

Tout au long du XIXè et XXè siècle, les tziganes devinrent très pauvres et durent voler pour assurer leur subsistance. Les isolements, leur marginalisation reprit de plus fort. Les tsiganes pas ou peu instruits ou qualifiés deviennent ouvriers saisonniers ou manœuvres.

 

Aujourd’hui les femmes continuent la « chine », la vente sur les marchés de vannerie, les hommes le rempaillage de chaises, le remoulage, la récupération, la « ferraille », la brocante.

Ces activités économiques « fragiles » face aux exigences de la société actuelle a pousser les gitans d’un côté vers plus d’informel ; de l’autre, avec la sédentarisation vers les emplois salariés.

 

Beaucoup d’activités traditionnelles ont disparu. Mais la musique, les fêtes foraines, le cirque (famille Bouglione) et la danse perdurent dans la tradition tzigane et quelles têtes d’affiche !! Django Reinhart, Gipsy King, Cameron de la Isla, valorisent ces arts vivants.

Les mariages et autres fêtes sont ainsi l’occasion de pratiquer ces arts.

 

Comment concilier le manque de formation, l’idéal du travail indépendant, l’insertion dans l’économie et le maintien d’une identité collective forte ?



 

 



Par plexigirl - Publié dans : anthropologie vagabonde
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