Tu parles romani?

Publié le par plexigirl



Commencer à découvrir une culture par ses mots?
c'est mon essai de petit dictionnaire sur la langue romani, la langue du peuple Rrom... (si j'étais une anthropologue sérieuse je commencerais par une mise en garde sur "quel terme utiliser pour nommer ce peuple? ... Rrom, Rom, Sinti, Kalo, Romanichel, Manouche.... mais pas tzigane... Zigeuner étant le mot employé par le régime nazi pour stigmatisé ce peuple.... mais je ne suis pas une anthropologue sérieuse...)
alors j'inaugure une nouvelle catégorie "anthropologie vagabonde" sur le thème des Rroms et je l'ouvre en portant un taost :

"Bakht tu ké!", "la chance sur toi!"

La langue Rom est une descendante du sanskrit, qui avec la diaspora de ses locuteurs, s'est enrichie des vocabulaires des pays traversés et a également participé à l'enrichissement des langues d'Europe.
Le français en a bénéficié particulièrement au XIXe, notamment dans son vocabulaire argotique. Ainsi de nombreux mots sont encore utilisés sans que l'on soupçonne leur origine "bohémienne".

Par exemple :

Berge (= année) de bers
Surin (= couteau) de tchuri
Rupin (= riche) et rup ( = la roupie indienne)
Costaud (= fort) de kusto


L'argot connait encore :

Chouraver, chourer (= voler) de tchurav
Lové (= argent) de lové
Micheton (= client de prostitué ou victime d'un mauvais coup) de mishto (= bon)
Choucard (= beau) de shuchar
Trac (= peur) de trach
Tchatcher (= parler)


Le temps que je continue à illustrer mon petit dictionnaire et c'est avec plaisir que je le compléterais des mots que vous voudrez bien m'apporter!

sinon, ailleurs... d'autres initiatives ...

http://www.freelang.com/dictionnaire/romani.html   Dictionnaire Romani-Français

http://romani.kfunigraz.ac.at/romlex/  Site en anglais sur la langue Romani





Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Merci pour ces informations , on en sait jamais assez sur les mots que nous employons parfois au quotidien ...<br /> Farfadet
Répondre
M
article très intéressant, il faudra que je le note (copier-coller dans word) puisqu'on a un chapitre sur les rapports inter-culturels.Nous en sciences humaines (mais tu dois de le savoir), on parle de processus d'acculturation.Ton article m'a fait repenser à une reportage récent sur San Séverino qui revendique l'héritage manouche de Django et qui l'a remis au goût du jour, à sa propre sauce.Merci plexi, transmetteuse de savoirs, d'émotions, de poésie, de révoltes et d'indignations...
Répondre
K
il y a surtout que les Rom viennent d'Europe centrale tandis que les Tziganes sont d'originaires de l'Inde et les uns détestent être confondu avec les autres et vice versa. Les Tziganes parlent une langue très proche de l'indi, pas les Roms. en fait il y a deux peuples nomades avec chacun une culture qui lui est propre et singulière. Mais bien sûr, nous avons tendance à regroupper tous ça dans le même sac des "gens du voyages".
Répondre
P
koulou, je crois que ce n'est pas tout à fait comme ça... désolée!je copie ici un texte très intéressant du conseil de l'Europe qui peut éclaire cette question :<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> A l’origine le terme est invariable « les Rom » mais devenu courant, on le pluralise avec un « s ».<br />  <br /> Dans certaines variantes du romani, on écrit « Rrom » avec deux « rr »; c’est aussi d’usage pour des raisons politiques dans certains pays comme la Roumanie (pour différencier Rroms de Roumains).<br />  <br /> Il est recommandé en français d’utiliser l’adjectif « rom » qui s’accorde en nombre mais pas en genre : le peuple rom, des femmes roms, etc. et de réserver l’usage de l’adjectif « romani » (invariable) pour la langue et la culture : la langue romani et la culture romani. <br />  <br /> En anglais, on emploiera indifféremment « Roma » et « Romani » comme adjectifs : Roma(ni) woman, Roma(ni) communities mais avec une nette préférence pour « Romani » dès qu’on aborde la langue et la culture : Romani language, Romani culture.<br />  <br /> Les Roms (« hommes », « maris » ou « artistes » selon les variantes du romani ou les auteurs) sont – avec les Sintés et les Kalés - une des trois grandes branches des Roms (terme générique), population originaire du nord de l’Inde. Les premières traces écrites de leur arrivée en Europe remontent au XIVe siècle. <br />  <br /> Il existe environ 10 millions de Roms en Europe (les estimations chiffrées variant de 8 à 15 millions, la formulation « environ 10 millions » nous semble la plus adaptée). On trouve les Roms essentiellement dans les Balkans et en Europe centrale et orientale. Ils parlent pour la plupart le romani (romani chib) - voir ci-dessous. Ils se divisent en sous-groupes (« endaïa »): les Kelderash, les Lovari, les Gurbeti, les Tchurari, les Ursari, etc.<br />  <br /> Il existe en outre dans les Balkans des groupes roms qui ne parlent pas le romani. C’est le cas des Boyash (Beash, Bayash, Banyash, Baiesi ou Rudari, selon les pays) dont le parler dérive du moéso-roumain, ou encore des Ashkali qui parlent albanais. D’autres groupes, comparables sur certains points aux Roms, tels les Egyptiens (appelés ainsi car supposés venir d’Egypte et eux aussi albananophes), tiennent à afficher leur différence ethnique.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> et la suite!!<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Au Conseil de l’Europe, on écrit traditionnellement « Tsiganes » avec un « s » plutôt qu’un « z ».<br />  <br /> La dénomination « Roms/Tsiganes » a été employée par le Conseil de l’Europe durant de nombreuses années dans la mesure où l’association de ces deux noms couvrait la plupart des domaines et situations en Europe. En effet, en Europe centrale et orientale, le terme « Roms » est assez largement employé alors que « Tsiganes », qui a, aux yeux de beaucoup de Roms, une connotation péjorative, est jugé inacceptable par les Roms et les Sintés d’Europe dans la mesure où il est considéré comme un nom exogène s’apparentant à tous les stéréotypes négatifs et paternalistes qui perdurent en Europe à leur sujet.<br />  <br /> En Europe occidentale (Royaume Uni, Espagne, France, etc.), en Hongrie et dans certaines parties de la Russie, « Tsigane », ou son équivalent national (« Gypsy », « Gitanos », « Cigány », « Tsyganye », etc.) est mieux toléré et parfois plus approprié.<br />  <br /> <br /> <br /> <br />